Mythes et légendes de Périllos

18 février 2012

Approche sur la véritable histoire du four du Tiroulet à Opoul

 dome du four de la sals

                            Dôme d'un four à verre à la Sals dans le Razès

Dans l'article "Une pierre blasonnée mine de rien fait un four" nous abordions l'histoire d'un four d'Opoul qui aurait appartenu aux Pérellos. Cette propriété (non) prouvée par une pierre blasonnée et datée se révélait à l'étude historiquement impossible et trahissait un mythe. Si nous avions ensuite émis de sérieuses restrictions quant à son usage pour fondre du minerai d'or, par contre, en l'absence de connaissance nous n'avions mis en cause sa vocation verrière au vu de la seule vitrification des parois.

Marc Pala, infatigable marcheur à la découverte de notre passé dans les Corbières, suite à la lecture de notre article au cours de recherches sur les fours à verre du secteur, n'a pas hésité à affronter le froid et le vent de cette saison pour aller à la rencontre de ce four. Il nous a contacté et son apport étant particulièrement profitable, nous vous exposons ses conclusions qui ouvrent pour notre plus grand plaisir un pan de la mémoire ancienne de ce four.

"Bonjour,
 Je vous dois un petit mot sur ce four du Tiroulet à Opoul que j'ai retrouvé sans mal. Je le désigne d'après le nom du courtal (de Tirolet) près duquel il se dresse.
Comme je le pressentais à la vue des photos mises en ligne, il ne s'agit absolument pas d'un four de verrier. Mais bien d'un four à chaux; les traces de vitrification sur la paroi interne sont dues aux fortes températures entre 1100 et 1300° qui ont porté les grès, intégrés à la construction, à leur point de fusion. Même topo si mes souvenirs sont bons (c'était il y une quinzaine d'années) pour 2 autres fours repérés près du ruisseau de la Margue, au nord-est d'Opoul.
Et c'est bien dommage car les fours de verriers sont plutôt rares en Corbières orientales : 1 à Embrès-et-Castelmaure, 2 à Saint-André-de-Roquelongue, 1 à Narbonne (près du château de Saint-Pierre-des-Clars), 1 à Jonquières. Pour l'instant cette courte liste est exhaustive; d'autres sont pressentis si l'on s'en réfère à la toponymie : à Feuilla (Col dal Beyre), à Fontjoncouse (Mont Veyre)... Les prospections s'avèrent en revanche plus concluantes dans les Corbières occidentales plus favorisées en matière de forêt ou de substrat gréseux.
Aussi, pour notre secteur, tout four de verrier présumé mérite d'être signalé au service archéologique de la DRAC. Un programme de recherche sur cette thématique est en cours...

Je n'ai pas vraiment travaillé sur les archives d'Opoul-Périllos. Mais les fours à chaux et les emplacements de charbonnières sont très communs dans tous les villages des Corbières. A Roquefort-des-Corbières par exemple, près d'une trentaine de fours à chaux ont été recensés sur le territoire communal. Malheureusement c'est une activité qui n'a pas laissé de traces dans la mémoire collective aussi ces structures sont anonymes et oubliées. Exceptées quelques unes, rares, qui portent le nom du tènement comme "Lo Forn del Sorn" sur Opoul ou d'un chaufournier, le "Four de Pistole" à Caves.
Ces fours ont fonctionné d'une manière intensive surtout durant le XVIIIe siècle (époque probable de la construction de ce courtal de Tirolet) et furent déclassés par des fourneaux semi-industriels vers le milieu du XIXe siècle (type semblable à ceux du Malpas à Salses, en bordure de la route d'Espagne ou encore ceux de Lapalme, Mailhac...)
Si vous retournez à Tirolet, vous remarquerez près de l'entrée basse du four, un monticule herbeux, le terril de défournage, dans lequel se retrouvent, au milieu des cendres et de pierres calcinées, des fragments de chaux. Et non pas des chutes et des rebuts de verre, voire des morceaux de creusets, comme cela devrait être le cas si nous avions affaire à une verrerie. En contrebas se révèlent plusieurs petites excavations d'où les chaufourniers ont tiré la pierre à calciner. Comme toutes les calquièras artisanales et traditionnelles, celle-ci est bâtie en surélévation, accolée à un talus qui permettait de déverser la pierre par le haut (gueulard) du fourneau.
On peut encore remarquer à l'intérieur l'absence de sole, la voûte en encorbellement, qui supportait la charge à consumer, étant reconstruite à chaque nouvelle fournée. En règle générale, la cuisson, qui consiste à porter les pierres calcaires au rouge, n'excède pas les 800° C. A partir de 1000-1100°, et plus, excès de chauffe, la chemise se vitrifie. A contrario, en dessous de 600°, on obtient  beaucoup d'incuits.
Fabriquer une chaux "parfaite" était un savoir-faire délicat, un art, qui ne souffrait pas les approximations.
Ce n'était certes pas des nobles comme les maîtres verriers qui travaillaient autour de ces fourneaux de fortune, mais ces hommes n'en méritent pas moins tout notre respect pour leur dur labeur et notre intérêt pour leur humble histoire qui est aussi l'histoire de cette terre.
Ces quelques notes pour se donner les moyens de sauvegarder ces témoins d'un passé aujourd'hui bien oublié mais peut-être pas définitivement révolu.
Cordialement
Marc Pala"

Nous aimons partager ces histoires simples. En cela nous remercions encore grandement Marc Pala pour nous avoir offert ses connaissances et ouvert cette mémoire oubliée.

Il n'y avait pas l'or des Pérellos, pas de nobles verriers non plus, mais ce four par cette rencontre fortuite nous a tous enrichis et cette terre nous devient encore plus attachante pour avoir approché sa connaissance.

http://www.dailymotion.com/video/xjllln_marc-pala-passeur-de-territoire_news

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31 janvier 2012

L'orientation orientée de l'église et des chapelles de Périllos

Boussole Oriole-5
                      Boussole légendaire devant la chapelle du Val d'Auriole

Nous allons aborder une histoire qui va se révéler des plus humoristiques parmi celles que nous lisons ou entendons sur Périllos.

Les trois lieux de culte de Périllos, l’église, la chapelle Ste Barbe et la chapelle Ste Thérèse du Val d’Auriole seraient exceptionnelles du fait de leur orientation annoncée, peu ou prou, N-S (orientation actuelle pour les deux chapelles, dans le passé en ce qui concerne l’église). Voici encore de quoi attiser notre curiosité, mais, mythe ou réalité ?

Vérifions donc ces affirmations l’une après l’autre, en utilisant les outils à notre disposition ainsi que les textes publiés ou les vidéos de conférence, accessibles via internet.

     1) La chapelle Ste Thérèse du Val d'Auriole

Il n’y a pas longtemps encore, si vous habitiez loin et que l'on vous affirmait qu’une chapelle est orientée nord-sud (Ref 1, 2) ou plus prudemment "proche du nord-sud" (Ref 3), vous étiez bien obligé de faire confiance. Mais aujourd’hui, vous ne l'êtes plus. Un outil moderne des plus fiables - Google Earth - vous permet de vérifier instantanément cette affirmation et cela sans vous déplacer.

La voici cette fameuse chapelle, le nord vous est indiqué par une boussole dans le coin supérieur droit de l’image:

orientation val oriole cadrée

Il semblerait qu'en ce qui concerne cette chapelle, nous soyons bien dans une légende qui a perdu le nord et soit selon l’expression populaire carrément  "à l'ouest".
Le premier postulat (orientation N-S) a ici sérieusement du plomb dans l’aile.
Qu’en est-il du second et de son prudent "proche du nord-sud" ?
Traçons les axes N-S et E-O ainsi qu’en bleu la droite NO-SE : la conclusion s’impose d’elle-même et est sans appel.

orientation val oriole angulée

 Donc "proche du nord-sud" dans le parler légendaire doit se traduire par ""un proche est-ouest" on ne peut plus banal et classique pour n’importe quel lieu de culte, mais cela ne nous arrange pas de dire "plutôt est-ouest"".

     2) La chapelle Ste Barbe

Cette construction est indiscutablement orientée nord-sud, nous le confirmons.

     3) L'église de Périllos

Cette dernière par contre est tout aussi indiscutablement orientée est-ouest, ce qui ruinerait également l’ensemble de la légende. Oui, mais c’est oublier que le propre des légendes est de pouvoir faire fi de toute vraisemblance, de s’affranchir de toutes les contraintes. Elle n’est pas N-S ? Qu'à cela ne tienne, nous allons avoir droit, avec le plus grand sérieux, à un pivotement de l'église.

 Au sujet de ce surprenant pivotement, qui aurait indubitablement laissé des traces historiques, nous aurions voulu découvrir qui en aurait été le décideur, dans quel but, à quelle date, avec quels subsides ?  Nous avons essayé de mettre un peu d’ordre dans les différentes histoires rencontrées pour mieux comprendre. Nous constatons que la légende (il ne peut en être autrement) nous offre deux variantes. Vous pouvez choisir celle qui vous convient le mieux. L'idéal nous vous le disons de suite étant quel que soit votre choix de vite oublier l'autre, car elles se contredisent mutuellement, ce qui est une constante dans les légendes de Périllos, leurs évolutions leur étant toujours fatales sur le plan de la crédibilité et du fondement historique.

Des deux versions proposées, nous allons d'abord citer celle que nous préférons et expliquer pourquoi elle est celle qui nous a le plus diverti : Ramon de Perellos y Roccaful aurait fait procéder au changement d'orientation juste avant la passation du Roussillon à la couronne de France dans le but de faire disparaitre en même temps les caveaux après son ensevelissement. (Ref 4, 5, 6, 7).

  •       Ramon de Perellos y Roccaful (1637-1720) n'a jamais mis les pieds à Périllos, à moins bien sûr que les propriétaires séculaires du lieu ne l'y aient convié à une visite de courtoisie. Or la visite d’un tel personnage (Grand Maitre de l’ordre de Malte, excusez du peu) ne passe pas inaperçue.
  •       Il n’est que de rappeler qu'il était bien jeune quand ces terres, qui appartenaient déjà à d'autres seigneurs que les Pérellos depuis plus de deux siècles, sont passées sous la couronne française (1659). Soit 60 ans avant sa mort. On ne peut être plus prévoyant…
  •      Les seigneurs de Gléon-Durban propriétaires des lieux, l'auraient autorisé à faire ces travaux "avec des bergers" (Ref 5) ? Ce n'est pas une mince affaire pourtant que la déconstruction-reconstruction du lieu de culte du village, sur un sol accidenté (forte déclinaison), pavé de rochers, avec l'approvisionnement discret du bois de charpente, des pierres, de la chaux etc... Le tout dans la plus grande discrétion et sans laisser la moindre trace écrite, le moindre acte notarié. On croit rêver…
  •      Plus surprenant, ces seigneurs de Gléon-Durban, qui comme le prétend la légende, ne rêvaient que d’être enterrés dans le caveau des seigneurs de Pérellos sous l'église ont poussé la discrétion jusqu’à ne pas se mêler des travaux mais auraient par la suite entamé des recherches pour découvrir ce caveau tant convoité, (voir "Spoliation sur ordonnance royale dans ce blog"). Nous le disions, les légendes sont là pour vous divertir, pas pour raconter la vérité. Et c'est incontestablement la plus divertissante.

Nous comprenons mieux pourquoi les légendes de Périllos, qui n'ont pas entièrement perdu le nord, évitent dans cette version de citer des références à des actes notariés ou autres écrits historiques ; il est malaisé de concilier l'inconciliable et d’expliquer des faits incompatibles... Cette version est incontestablement postérieure à celle à laquelle nous allons nous attacher. 

Car dans celle-ci (Ref 1, 3), la preuve en serait fournie dans un ancien relevé notarié X. Tout ce que nous en savons c'est que cette fois ci nous n'avons pas droit aux fameux documents du notaire Courtade. La raison en est évidente, on ne peut raisonnablement trouver des actes concernant des travaux réalisés au moment de l'annexion à la couronne française, soit en 1659  dans un relevé d’actes portant sur les années 1624 et 1632. Evidemment si vous croyez toujours à la réalité des histoires de notaire entretenues par la légende vous pourriez vous poser la question : mais alors quel notaire ? Pourquoi pas Courtade, puisqu'il est affirmé par ailleurs qu’il aurait relevé tout le reste au moment de l'annexion?

Voilà il faudra bien se contenter de cette base, sans aucune preuve, la référence faisant défaut, mais cette fois ci nous n’en savons pas plus sur les personnes qui auraient réalisés ces travaux. Une hypothèse est toutefois avancée sur la cause de ce changement d’orientation. L'église de Périllos aurait été la chapelle castrale des seigneurs et lors de l'annexion, elle serait devenue église. Faut-il en conclure que le village n'avait pas d'église avant ? C’est quand même peu probable. Mais comme par ailleurs les légendes parlent souvent des registres de l'église de Périllos, registres qui à cette époque seraient passés à Durban, c'est qu'il y avait bien une église. Mais ceci n'est qu'un détail que nous relevons a titre documentaire et sort du sujet qui est cette pirouette de l’église. Nous voulons seulement mettre en évidence les innombrables contradictions au sein de ces légendes.

Et nous voici avec une seconde hypothèse pour ce changement d’orientation. Cela a été réalisé "dans le seul but de dissimuler cet étrange plan" (Ref 1 et 3). Oui mais par qui ? Car il nous est précisé en suivant que c'est "dés lors que la région de Périllos passe sous le contrôle du Roi". Ce sont dans ces mêmes références 1 et 3 que nous trouvons l’allusion au relevé notarié auquel nous refusons le titre de preuve.

Il est temps de résumer ce que nous avons relevé dans les deux versions d’un même événement pour apprécier :

D’une part, dans la seconde version rapportée, il est fait état d’un acte notarié (que personne n’a vu), de bâtisseurs inconnus (surprenant dans un acte officiel) et d’une date très approximative ( "dés lors que la région de Périllos passe sous le contrôle du Roi" donc après 1659) et un but (« dissimuler cet étrange plan »). Une date approximative sur un acte notarié ?
Ensuite la légende évolue et nous apprenons qui est l’instigateur (Ramon de Perillos y Roccafull) , nous avons une date approximative (avant 1659), une raison (faire disparaitre l’entrée du caveau convoité) et tout cela pour quelqu’un qui mourra 60 ans plus tard ; toute l’opération se déroule dans le plus grand secret, sans le moindre acte notarié la moindre preuve historique, même avancée sous X. Au-delà de toutes ces incohérences, on s’interrogera avec raison sur l’intérêt soudain à cacher un caveau qui était vraisemblablement apparent depuis des siècles (celui des Perillos) s'il existe.
Vous l'avez bien compris, les deux versions se contredisent mutuellement et démontrent à qui veut y réfléchir qu’en dehors des orientations scientifiquement prouvées, nous sommes bel et bien dans le cadre d’une fiction, d’une légende.

Ne prenons que la « démonstration technique » tendant à démontrer le changement d'orientation d'après des constatations sur le terrain (Ref 8). L'effort est louable, certes, mais stérile, ne s'appuyant finalement que sur une intime conviction. Même en admettant un certain bien fondé des propos tenus, force est de constater notre ignorance complète en ce qui concerne l'histoire des divers bâtiments attenants à cette église, dont on ne sait rien ni des possibles reconstructions suite aux divers sévices dus à des siècles de guerres diverses dans ce Roussillon où elles se sont succédées, sans parler de leurs usages qui ont pu varier au cours du temps.

Mais le fait que les trois églises et chapelles aient été ou non orientés au nord ou à l'est n'a de sens que si l'on en prête un à l'orientation unique et mystérieuse vers le nord. Ce qui n'est absolument pas le cas. Bien sûr, une majorité d'églises sont orientées approximativement vers l'est (comme l'église de Périllos), mais si l'on scrute google Earth, nous découvrons que les orientations sont très variables et très souvent à mi chemin entre le nord et l'est comme la chapelle du Val d’Auriole, telle par exemple St Sernin à Toulouse pour n'en citer qu'une ancienne et connue.
En fait en l'état actuel, Périllos est la représentation parfaite de ce que l'on trouve un peu partout. Quand les églises ou chapelle sont orientées nord-sud, c'est généralement un simple problème de place intra muros ou de conditions géométriques du terrain qui n'offre pas d’autre choix, comme pour la chapelle Ste Barbe et telle l'église de Campagne sur Aude (pour les amateurs de Rennes-le-Château). Quand les Hospitaliers de St Jean de Jérusalem ont voulu l'agrandir, ils n'ont pu le faire qu'en la changeant d'orientation. D'est-ouest, elle est devenue proche de nord-sud. Vous le constaterez facilement sur Google Earth, elle est plutôt coincée. Cet exemple démontre que le côté pratique prévaut toujours sur une orientation privilégiée. Elle n'est pas un cas isolé, mais elle est représentative d’un impératif technique.

Nous lisons d’autre part (Ref 2) que Narbonne est orientée nord-sud mais que c'était obligatoire à cause des remparts. Voici une autre légende. Il suffit de lire l'histoire de la construction inachevée de la cathédrale de Narbonne. Les remparts, devenus indispensables au cours de l’édification ont empêché la poursuite des travaux et l'extension de la cathédrale. Ils n'ont en rien influencé l'orientation de la cathédrale. Constatez seulement comment ces légendes embrouillent tout. La cathédrale de Narbonne n'est même pas orientée nord-sud, ni même proche nord-sud, mais simplement plus ou moins est-ouest.

Cette volonté de voir la chapelle du Val d’Auriole orientée "nord-sud ou proche du nord-sud" en dépit de la réalité géographique qui met à mal "l'étrange plan", et considérant d’autre part les contradictions entre les différentes versions du changement d'orientation de l'église de Périllos et l’absence de preuves tangibles, nous pouvons affirmer sans crainte que cette obsession de l'orientation nord-sud des églises à Périllos est un mythe.

Voici au moins un mystère de résolu car nous pouvons oublier cette question (ref 1) dont nous avons désormais la réponse :

 Comment expliquer l'omniprésence de l'orientation nord-sud des églises à Périllos ?

 

      Bibliographie :

Ref 1 : Les carnets secrets, N°2, Juillet-septembre 2005, directeur de publication André Douzet, ISBN 84-933369-8-X

Ref 2 : http://www.dailymotion.com/video/xfbz02_partie1-rennes-le-chateau_webcam

Ref 3  : La quête de Saunière de Rennes-le-Château à Périllos de André Douzet et Philip Coppens aux éditions Bussière, 2008

Ref 4 : http://www.societe-perillos.com/roccaful.html

Ref 5 : http://www.societe-perillos.com/eglise_per2.html

Ref 6 : http://www.dailymotion.com/video/xfbz8z_rennes-le-chateau-partie-2_webcam#rel-page-1

Ref 7 : http://www.dailymotion.com/video/xh3xxs_de-rennes-le-chateau-a-perillos-par-andre-douzet-part3-fin_people#rel-page-4

 Ref 8 : http://www.societe-perillos.com/eglise_per3.html

23 janvier 2012

Quand des terres de Périllos appartenaient à un monastère

quand des

Nous allons aujourd'hui donner un petit coup de pouce à ceux qui, impressionnés par les légendes de Périllos, y chercheraient malgré tout un fond de vérité et surtout le tombeau royal et sacré qui serait caché en ces lieux.

C'est grâce aux recherches historiques que vous gagnerez du temps. Les belles terres de Périllos sont si vastes et difficiles à explorer.
C'est avant tout grâce à ce que ne veulent pas dire ces contes que vous vous économiserez sur le terrain.

A la lecture de diverses histoires récentes, les seigneurs de Périllos étaient tout-puissants en et hors de leur domaine. Sur ce propos nous avons déjà légèrement soufflé sur le voile qui masque un mythe dans toute sa splendeur. Nous ne le lèverons pas plus pour l'instant, mais dans "Une pierre blasonnée mine de rien fait un four" nous vous avons livré un texte qui démontrait qu'il n'en était rien (Ref 1). En cette occasion, en 1296, le Roi d'Aragon avait du arbitrer un différend entre le seigneur de Périllos et des habitants des lieux voisins. Et ces seigneurs ont fait des concessions. L'étude historique demontre que seules deux générations ont été plus remarquables, mais certainement pas toutes puissantes. On ne trouve cela que dans les contes, nullement dans la vie réelle, ni hier ni aujourd'hui ni pour personne. Ces deux générations étaient plus proche des dirigeants et ne le devaient qu'à leurs seuls mérites dans leurs fonctions, comme d'autres familles locales dont les noms se retrouvent dans "l'Histoire du Roussillon" (Ref 2). Rien n'était jamais totalement acquis.

Nous lisons aussi que la famille de Périllos serait restée maîtresse fort longtemps en ces lieux, en incorporant bien évidemment Ramon de Perellos y Roccaful comme participant pour réaliser ce challenge. Nous l'avons vu plusieurs fois, l'Histoire disqualifie indubitablement ce dernier. Seule une légende a le pouvoir de nier l'évidence et faire en sorte que les Pérellos perdurent en ces lieux jusqu'au 18eme siècle (1720, décès de ce grand Maître de l'ordre de Malte). Il est historiquement incontournable que la branche des Pérellos se soit éteinte avant d'arriver aux années 1500. Les terres et le château de Périllos leur ont survécu et leur histoire s’est confondue avec celles d'autres seigneurs. Si vous nous suivez depuis le début et avez lu les pages précédentes de ce blog, vous avez eu accès à toutes les preuves historiques.

Après nous avoir assuré de la toute puissance de ces seigneurs de Périllos et de leur extraordinaire longévité, les légendes, pourquoi se priver, n'avaient plus qu'à les désigner volontaires comme gardien du tombeau royal et sacré.

C'est ici que l'Histoire va vous aider à rétrécir le champ de vos recherches sur le terrain.
Que ne peuvent surtout pas vous dire les légendes puisque finalement les seigneurs de Périllos étaient des hommes comme les autres alors qu'elles nous assurent du contraire ?
Simplement que les terres de Périllos n'appartenaient pas dans leur intégralité à ces seigneurs.
Or, comme ils sont supposés être les gardiens de la parcelle royale et sacrée, elle devrait donc obligatoirement être soumise à leur autorité.
En éliminant ce qui ne leur appartenait pas, vous gagnez du temps !
Comment procéder ?

Les légendes nous tiennent des propos aussi fantaisistes qu'irréalistes. Une fois acquis que les Supers Héros dotés de pouvoir (en l'occurence un secret légendaire) ne peuvent exister que dans les contes, il suffit de se pencher sur les faits réels.

Que se passait-il en ces années où les monastères fleurissaient un peu partout ?
Les seigneurs s'empressaient de leur confier des terres. Et voyez-vous, les seigneurs de Périllos n'ont pas dérogé à la règle.
Il suffit donc de recenser les possessions des monastères et vous éliminerez de facto des "pasquiers" à parcourir.

En suivant ce schéma, dans la littérature, nous avons trouvé trace de "pasquiers" appartenant à l'abbaye de Sainte-Marie de Jau (diocèse d'Elne) qui étaient situés sur les terres des Périllos (Ref 3). Il faudrait aller fouiller dans les archives pour voir si les limites ou les descriptions de ces "pasquiers" existent. En ce qui nous concerne, ayant analysé toutes les légendes modernes de Périllos et constaté à quel point elles tordent le cou sans vergogne à l’Histoire, nous ne cherchons pas ce tombeau que nous jugeons  imaginaire. Nous n'avons donc pas été plus avant.

Maintenant quand vous lirez ceci, qui n'est qu'un résumé de diverses légendes : "Les Seigneurs de Périllos furent les seuls propriétaires de la Commune jusqu'aux environs du XVIIe siècle" (Ref 4), vous saurez que vous êtes dans le mythe et le légendaire, certainement pas dans la réalité ni dans l'Histoire. Ils n'ont été propriétaires que jusqu'à l'orée du XVIeme siècle et ils n'étaient pas les seuls propriétaires.

Alors ce soi-disant tombeau extraordinaire qui existerait sur les terres de Périllos est-il vraiment au bon endroit ? Sur une terre qui n'appartenait pas à l'abbaye ?
Bien sûr, forcément, puisque ce n'est qu'une légende parmi des légendes, il sera au bon endroit.

Nous ne sommes pas devant un écran de fumée pour cacher un fait, par exemple pour ne pas vous simplifier la tâche si vous le cherchez. Non, nous sommes devant une création pure et simple. Les légendes de Périllos ne disent que ce qui les arrange, travestissant des faits banaux qui les dérangent au profit du mythe dans lequel elles se complaisent.

             Note :

  un pasquier est un pâturage

 

            Bibliographie :

Ref 1 : Histoire du Roussillon par Jean de Gazanyola, chez J.-B. Alzine à Perpignan, 1857

Ref 2 : Histoire du Roussillon tome 1 et 2 de Dominique Marie Joseph Henry, Paris imprimerie royale 1835

 Ref 3 : Société agricole, scientifique et littéraire des Pyrénées Orientales, onzième volume, année 1858, article "Monastères de l'ancien diocèse d'Elne" par B. Alart.

 Ref 4 : La quête de Saunière de Rennes-le-Château à Périllos de André Douzet et Philip Coppens aux éditions Bussière, 2008

 

 

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16 janvier 2012

Le carré magique de Salvaterra et Salvaterra suite

carré magique de Salvaterra 2

Voici une histoire intéressante qui nous montre les erreurs involontaires dans lesquelles tombe quelqu'un de bonne foi qui s'aventure à faire des interprétations à partir de récits pris pour florin comptant sans en avoir préalablement vérifié le contenu historique. Cette histoire illustre une fois de plus comment une légende peut essayer de réécrire l'Histoire à son profit pour finalement arriver à un résultat assez ironique.

Avant d'aborder le carré magique en lui-même, il nous faut revenir sur le chauvinisme, cette marque de fabrique des légendes de Périllos, sujet que nous avions déjà abordé dans l'article "Spoliation sur ordonnance royale...". En effet, ce carré magique, soi disant dans les décombres de la forteresse du plateau de Salvaterra, s'appuie sur des textes récents refusant une fois de plus son appellation officielle au château d'Opoul. On nous y met carrément au défi de trouver la moindre preuve dans les textes historiques prouvant qu'il en soit autrement (ref 1). Nous avons relevé ce défi et avons apporté la preuve dans ce blog (cf. « Salvaterra plateau de légende ») qu'il suffit de lire la charte d'origine de la création de la forteresse pour voir que le nom initial d'Opoul fut remplacé par celui de Salvaterra pour ensuite avec l'usage revenir à celui d'Opoul (Ref 2). Nous avons aussi apporté un autre élément, à savoir que Ramon de Pérellos, en personne, lui donnait bien l'appellation de château d'Opoul et ceci en 1396 (Ref 3). Sous couvert d’une approche pseudo historique, la légende détourne donc bel et bien l'Histoire à son profit

Mais même si nous n'avions pas les preuves historiques que le nom d'Opoul est bel et bien mérité, il n'en demeure pas moins que ce fort est et était sur les terres d'Opoul. Fait qui par lui-même donne plein et entier droit à cette appellation. En fait nous ne comprenons pas vraiment le but de ce déni. Nous ne voyons pas en quoi cela sert les légendes de Périllos de vouloir dénigrer Opoul. Ce château n'a jamais appartenu aux Pérellos. Il n'est pas sur les terres de Périllos et ne l'a jamais été.

Plus étrange encore, cette légende minimise arbitrairement l'importance historique du village d'Opoul, sous prétexte qu’il n'aurait appartenu à aucun seigneur, et que nulle personne illustre ne se trouverait associée à son passé. Opoul n'avait pas besoin d'un vassal pour le régenter puisque ses terres appartenaient directement aux rois successifs du Roussillon, personnages illustres s’il en est. Nous ne comprenons pas en fait cet argument pris comme référentiel servant à juger et classer un territoire et ses habitants. La légende crée de toute pièce une contre vérité historique en citant une phrase tronquée et savamment déformée. Prenant pour référence "L'histoire du Roussillon" de D.M.J. Henry, elle cite : "Celui-ci (M. Henry) explique qu'il y a une telle absence juridique et administrative dans ce secteur dépourvu du moindre petit seigneur, que le gouvernement d'alors, vers 1463, finit par nommer "Philippe-des-deux-Vierges,seigneur de Montpeyroux, viguier de Roussillon et de Vallespir" (Ref 1). Si nous sommes bien vers 1463, M. Henry, si féru d'Histoire et d'archives doit pourtant se retourner dans sa tombe en constatant comment son texte a été effrontément travesti. En écrivant cette phrase, fort adroitement tirée de son contexte, M.Henry ne nous explique en rien l'absence juridique ni le manque du moindre petit seigneur mais tout simplement comment le Roussillon passa pour quelques années sous la tutelle du Roi de France. En effet, la phrase originale complète est limpide sur le vrai sujet : "Le gouvernement des deux comtés fut donné au comte de Foix, et Philippe-des-Deux-Vierges, seigneur de Montpeyroux, fut nommé viguier de Roussillon et de Vallespir, charge à laquelle fut réuni le gouvernement du château de Bellegarde, après sa reddition." (Ref 4, page 83) En réalité, la légende, après avoir remplacé la première partie de la phrase par une introduction explicative aussi inventive qu'opportune pour arriver au but poursuivi, en omet également la dernière partie qui nous aurait éclairé et aurait révélé la supercherie. Et ainsi, le tour est joué !

Pour ceux que cela intéresse, et en résumant, le royaume d'Aragon est au bord de la guerre civile. Le roi d'Aragon fait appel au roi de France
pour lui porter secours. Ce dernier par l'entremise du comte de Foix y répond favorablement. Le gage de la dette est le Roussillon (entre autres).

 Petite anecdote amusante, pour renouveler le pacte d'alliance, les deux rois, Juan II  et Louis XI, se sont retrouvés le 3 mai à Sauveterre (Ref 4). Pas de chance pour la légende, ce n'est pas Salvaterra mais Sauveterre de Béarn que nous retrouvons et dont nous avions déjà parlé.

Nous en venons maintenant à ce carré magique. Ce n'est pas le carré en lui-même qui nous intéresse. Bien trop hypothétique, nous n'en tiendrons pas compte. Nous n'en avons jamais vu la moindre photo, même en plan très serré. Nous n'avons trouvé aucune référence dans des textes anciens qui en parlerait. Il serait caché sous les ruines après un effondrement de mur. Seule la société Périllos l'aurait retrouvé et en présente un dessin. (Ref 5)

Nous allons plutôt analyser une étude de ce carré qui a été réalisée à partir du contenu des seules légendes de Périllos sans en avoir vérifié les données historiques réelles. (Ref 6)

Nous ne nous occuperons pas de l'analyse dans son ensemble. Ce n'est pas le propos ici. Nous laissons chacun libre de sa compréhension et y trouver ce qui lui sied. Mais si le résultat voulu était de faire l'apologie de Périllos et de ce qui est supposé s'y trouver, nous nous trouvons en fait devant l'apologie involontaire d'Opoul le dénigré sur lequel se reportent historiquement les faits réels.

Sans chercher à rentrer dans les explications offertes nous lisons dès le début de l'étude sur ce carré que le nom aurait du être Salvaterra et non Salveterra. L'Histoire fait bien son travail puisque le nom est bel et bien Salvaterra ainsi qu'il suffit de le lire dans la charte de création de 1262. Nous lui donnons donc entièrement raison, mais le sujet parait peu maîtrisé.

Ce que nous relevons de plus dommageable c'est que cette étude continue ensuite avec la reprise de la négation du nom d'Opoul pour ce château. La déduction offerte dans cet essai coule de source. Il y a volonté de cacher derrière cette fausse appellation une "réalité" inconnue mais d'une appétence certaine. Le plus regrettable en ce qui nous concerne c'est qu'en se basant sur la seule légende, c'est à dire sans en avoir vérifier la vérité historique, cet exposé abusant de l'"impropre historiquement" en vient "à l’insu de son plein gré" à insulter les gens d'Opoul en parlant de "...flatterie, la culture d'orgueil d'un nom, d'un lieu dont l'absence de passé est le fondement  du mirage du futur", "...cultiva un certain ego social..." Comme si ces braves gens qui n’ont rien demandé à personne s'étaient injustement appropriés l’aura historique de la citadelle. Mais exit le mystère et l'écran de fumée. Ce n'est pas un ego social, ni l'orgueil d'une commune qui a donné le nom d'Opoul au château mais l'Histoire et la géographie. Et voilà comment se répandent des erreurs, et comment se réécrit l'Histoire au profit d'une légende chauvine, absconse car quel en est l’intérêt in fine ? Partant de là, avec comme préalable une telle erreur ainsi qu'une méconnaissance du nom du plateau, où serait enfoui le soi-disant carré, le tout pimenté d'une crédulité totale dans la véracité ô combien douteuse des légendes de Périllos, comment pouvons nous accorder foi au reste de l'exposé ? Là est le danger de ne pas vérifier si l'on erre dans le légendaire ou si l’on se penche sur l'Histoire avant de débuter un travail.

L'exposé malgré la meilleure volonté du monde entre obligatoirement dans les légendes puisque la base déjà s'avère en être une. Et malheureusement continue de tracer son chemin parmi d'autres bien connues. Nous passons par Notre Dame de Marceille, par Henri Boudet et Rennes-le-Château, suivant sagement toutes les légendes de Périllos, sans même oublier Polycarpe de la Rivière.

 Cette explication alambiquée sur le carré, pour être conforme aux légendes de Périllos, arrive à y mêler Ramon de Perellos y Roccaful associé adroitement au nombre 666. Ce très connu Grand Maître de l’ordre de Malte qui de toute évidence n’a jamais mis les pieds à Perillos y serait contre toute attente enseveli et cela après en avoir fait pivoter l'église. Ne souriez pas, on vous le répète, c’est une légende…Car historiquement il n'a aucun rapport avec ce secteur qui était français depuis plus de 30 ans avant même qu'il ne devienne grand maitre de l'ordre de Malte. Les terres appartenaient aux Gléon-Durban depuis belle lurette. Ramon de Perellos y Roccaful repose à Malte dans la chapelle Aragonaise. Il y a encore moins de raison que son nom apparaisse lié de quelque façon que ce soit  à Salvaterra.

Il nous faut lire tout un chapitre pour nous voir démontré que la pierre du carré n'a pu être écrite avant 1414. Nous pouvons quant à nous affirmer en lisant la charte de création de la forteresse qu'elle ne pouvait être (si elle existait) dans le château avant 1262. Si c'est une pierre de réemploi, elle n'a plus rien à voir avec Salvaterra ni même avec le secteur. Il serait de toute façon impossible de dire de qui ou de quand daterait ce carré au vu des nombreux et différents propriétaires ou régisseurs de ce secteur, au fil des siècles, Périllos y compris. Il est vrai que cette date de 1414, élimine la longue occupation musulmane. Cette population, pratiquant ces carrés des siècles avant nous, desservirait le dessein poursuivi par les légendes de Périllos.

Arrivons au point essentiel qui nous semble assez ironique quant au résultat : Pedro de Luna.
D'abord avec la phrase "querelle latine, c'est vrai, double chef". Nous pourrions tout aussi bien l'appliquer (sans valider ni invalider le raisonnement qui ne nous concerne pas) à ces deux rois Juan II et Louis XI dont l'un a donné en gage à l'autre un Roussillon dont il ne veut pourtant se défaire (affaire suivie par les papes). Et ce n'est pas une première. Souvenons-nous de la fin du royaume de Majorque. Là aussi, le Roussillon, et cela impliquait les châteaux, se retrouva sous deux chefs en querelle durant des années et là aussi le pape, sans être entendu, s'en était mêlé.

Mais il y a insistance sur Pedro de Luna (utilisé dans les légendes de Périllos, renforçant un secret de l'Eglise en ce lieu). Bien sur Ramon de Perellos (celui du purgatoire) travailla pour lui comme ambassadeur dans ses démêlés lors du schisme et passa du temps près de lui, parmi d'autres. Ramon de Pérellos a passé beaucoup d'années (en fait toute sa vie) dans diverses cours, ou en voyages. Dans sa relation du purgatoire il parle de son séjour à Millas lorsqu'il était dans le Roussillon, mais il ne cite jamais Périllos.

MAIS... Pedro de Luna est le beau frère de Juan I. Sa soeur dona Maria de Luna avait en effet épousé Martin son frère qui lui succèdera à la couronne d'Aragon. Dona Maria d'ailleurs assura le gouvernement durant l'absence de son mari occupé à Naples les deux premières années de son règne. (Ref 4)

A qui appartiennent le château et les terres d'Opoul à cette époque ? Au roi d'Aragon !
Qui soutient Pedro de Luna ? Le roi d'Aragon qui reste son dernier soutien jusqu'à ce que lui aussi renonce à l'aider devant son obstination.
Collioure n'est pas Périllos
Peniscola n'est pas Périllos.
Perpignan n'est pas Périllos.
Opoul (et son château) n'est pas Périllos.

Alors si nous devons deviner un mystère reliant Pedro de Luna et ce carré, il n'est pas à Périllos. Finalement les légendes et cet essai, en dénigrant Opoul au profit de Périllos, nous livrent "le Grand Mystère" sur un plateau à Opoul, si on les suit simplement et historiquement.

 Périllos et Opoul ? Ils ont chacun leur passé, leur histoire. L'Histoire et la géographie les a réunis puisque les derniers habitants de Périllos sont venus vers Opoul proche voisin, de leur plein gré, même si c’était par nécessité. Il n'y a rien de plus à en dire.
Ils ont un point commun d'envergure. Ils ont pareillement résisté au temps et à toutes les luttes vécues par ce pays, même si Périllos plus isolé a renoncé dernièrement. C'est en soi un vrai exploit en ces lieux isolés. Nombreux villages du Roussillon ont disparu devant les ravages des guerres, des routiers et des épidémies. Pour certains, personne ne sait même plus les situer, et pourtant ils furent importants. Les habitants des deux villages ont connus les mêmes difficultés dans leurs vies. Que nous importe de savoir s'il y avait un vassal ou pas, présent ou pas car les Pérellos n'étaient guère présent sur leurs terres avec certitude depuis au moins les années 1350.
 
Voilà ce que nous apprend cet hypothétique carré latin du château d'Opoul/Salvaterra. Ecrire un essai en se basant sur les légendes de Périllos, le fait entrer lui aussi dans la légende. En le confrontant à l'Histoire  il nous délivre finalement un message sans doute opposé à celui souhaité mais qui finalement remet les choses à leur juste place. Légendaire mais finalement beau carré magique.

Apprécions simplement de visiter ces deux villages encore présents pour notre plus grand plaisir, tous deux si riches d'histoires et finalement d'Histoire quand on sait la chercher et la ressentir.

 

             Notes annexes :

         Dans les temps plus anciens le nord n'était pas forcemment représenté en haut des cartes. Dans l'essai est employé le terme "orienter = orient terre" et pourtant le nord est quand même considéré comme le dessus du carré et les explications partent de ce postulat. Or souvent pour les chrétiens, en fait c'était l'est qui était en haut des cartes. Vers Jérusalem. Orient.

         Ce n'est pas en 1234 que débuta la croisade albigeoise mais en 1209.

 

             Bibliographie :

Ref 1 : http://www.societe-perillos.com/opoul_4.html

Ref 2 : Le cabinet historique revue mensuelle, Tome troisième. Chartes des privilèges aux hommes d'Opol, et Privilèges accordés par Pierre, roi d'Aragon aux gens de Salces.

Ref 3 : Société agricole, scientifique et littéraire des Pyrénées Orientales, 13e volume, Perpignan 1863, par M.E. de Fouchier

Ref 4 :  Histoire du Roussillon tome 2 de Dominique Marie Joseph Henry, Paris imprimerie royale 1835

Ref 5 : http://www.societe-perillos.com/opoul_2.html

Ref 6 : http://www.societe-perillos.com/carremsalv_1.html  (en trois parties)

Pour nous tenir dans le cadre de la loi des exceptions des copyright, nous n'avons volontairement cité que le strict minimum, sans un mot de plus que nécessaire pour justifier la critique et analyser comparativement ces textes et les divers points abordés.

01 janvier 2012

Premier jour de l'an 2012

Nous vous souhaitons à tous une très bonne année 2012.

voeux 2012

 

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