Courriers et modèle de maquette qui allaient donner naissance au plus important des mythes (et légendes) modernes connus de Périllos.      

Ayant constaté que cette histoire avait perdu toute cohérence au fil du temps et des versions, essayons de comprendre par quelles voies tortueuses, et comment le nombre de courrier(s) de Bérenger Saunière est passé de manière particulièrement discrète de 1 à 2 puis au moins 3 lettres, et cela au départ d’une même enveloppe collée sous la maquette à l'achat. Et comment d'un modèle unique nous en arrivons à 2.

Voici d'abord un résumé de cette évolution au cours des ans :

- 1995 : En tout et pour tout
une lettre de Saunière. Modèle (maquette) en un seul exemplaire.
- 2005 :
Deux lettres de Saunière. Issues de l'enveloppe sous la maquette. Le texte de l'une ne correspond pas à celle qui est déjà publiée ni à celle qui le sera environ 3 ans plus tard. La commande de la maquette toujours en un modèle unique.
- 2008 :
Des lettres de Saunière. Toujours issues de l'enveloppe sous la maquette. Deux modèles commandés. L'expression "en un modèle unique" disparaît des nouveaux textes.

Saunière aurait réglé la commande d'avance, mais il demande à acquitter sa dette dans un courrier.

LES DEUX COURRIERS PUBLIES :

A ce jour, nous avons connaissance de deux courriers publiés qui relieraient la maquette à l'abbé Saunière.

Le premier courrier attribué à Saunière date approximativement de la sortie de la maquette. Nous trouvons cette lettre reproduite dans les annexes de la revue vendue à l'époque en boutique et en ligne : "Le message de l'abbé Saunière - La Maquette du St Sépulcre " 2005, par André Douzet. Les pages 29 à 32 de "la maquette mystérieuse" sont une reproduction d'un article d'une publication de l'association Terre de Rhedae de décembre 1995 qui était lui même issu du "Cep d'Or de Pyla". Nombreux sont ceux à l'époque qui ont relevé que ce n'était qu'un extrait ne prouvant rien.

En effet on y parle
   - "Du moulage ", ce qui n’est pas vraiment significatif en raison du nombre de moulages que notre curé a fait réaliser.
  - "De tombes" – et non tombeaux. En outre, sur la maquette, l'écriture ne représente en aucun cas "un texte en mesure et dimensions des tombes".

Mais surtout, il apparaît maintenant un propos plus difficile à expliquer : Saunière demande à être tenu informé de la fin de la réalisation pour acquitter les honoraires dus.

Il fallut plusieurs années encore pour que la Société Périllos publie sur son site internet un deuxième courrier attribué lui aussi à Saunière, dans un article intitulé "La maquette de l’abbé Saunière, ses jumelles et les éléments annexes " en 2008.                                                                        http://www.societe-perillos.com/maquette_annexes.htm 

Dans ce second document apparait un fait nouveau : la livraison d’un second exemplaire de la maquette ou d’un moulage à un confrère dont le nom est lui aussi masqué, ce qui nous parait parfaitement conforme à une saine déontologie..

OÙ LA PREMIÈRE LETTRE PUBLIÉE NE CORRESPOND PAS.

Nous voici confrontés à une contradiction majeure. Nous trouvons dans cette même publication de 2005 à la page 11, chapitre "Réalisation de la maquette" cette phrase : "Saunière, à la commande de la maquette, en un modèle unique, en règle le coût d'avance et en totalité". Et ceci est confirmé plus tard dans l'article internet déjà cité pour le second courrier, chapitre « Un laconisme peut cacher une révélation ». "...de la commande de Saunière totalement réglée d’avance ". Voici de quoi nous laisser perplexe puisque le premier courrier demande à acquitter les honoraires dus.

UNE LETTRE APPARAIT AVEC LES CONTRADICTIONS AFFÉRENTES


Passons maintenant à la deuxième lettre publiée sur le site internet. Celle qui voit apparaître un second modèle... .

1) En page 30 du même article de 1995 nous lisons : "Ce projet" ..., en un seul exemplaire, ... destinée au "commanditaire".

En page 13 du chapitre "Un étrange résultat" de la publication de 2005 "La Maquette du St Sépulcre" nous lisons : "le coût assez élevé pour une pièce originale et unique".

Notre auteur serait-il assez étourdi pour avoir oublié par deux fois une chose aussi fondamentale que la demande faite par Saunière d'une livraison à un confrère et "que deux maquettes c'est plus cher qu'une".

Il y aurait une explication toute simple. L'auteur en 1995 n'avait pas encore la deuxième lettre parlant du second modèle puisqu'en page 29 de la publication (1995) nous lisons : "Nous disposons en tout et pour tout de cette lettre de Saunière …"
Or, ce ne peut être le cas puisque nous lisons dans le texte du site (2008), chapitre "Un laconisme peut cacher une révélation" il est écrit en toutes lettres que les documents étaient dans une enveloppe collée sous la maquette. Elle devait donc obligatoirement y être en 1995.

2) Continuons avec la publication "La Maquette du St Sépulcre" (2005), en page 8, chapitre "La paternité". Nous lisons juste précédé de la toujours inopportune enveloppe contenant les documents, collée sous le socle: "deux lettres de Saunière…. » . Seulement voilà, suit un descriptif de ces lettres. "Le premier texte mentionne des "illustrations et photographies jointes". Puis l'abbé demande de suivre ses instructions avec minutie et de l'informer si des difficultés de lecture survenaient". Ce qui ne correspond à aucune des lettres publiées.
La description du second courrier semble correspondre au 1er extrait publié.

En page 28 de cette même publication nous lisons : "Faudrait-il alors supposer qu'il put y avoir plusieurs doubles avant la fonte finale en un seul exemplaire?....." Pourquoi se poser des questions, il a ou devrait avoir la réponse : un autre exemplaire, le deuxième curé ? Oui, s'il avait eu la deuxième lettre publiée...

Nous avons donc bien maintenant deux lettres, la deuxième apparue miraculeusement, mais le texte ne correspond en rien, ni à celle déjà publiée, ni à celle qui le sera.

SE REJOIGNENT DISCRÈTEMENT AU MOINS TROIS COURRIERS


Peut être que le livre « La quête de Saunière – De Rennes-le-Château à Périllos » d'André Douzet et Philip Coppens, éditions Bussière 2008, publié après l'article internet, va nous donner les réponses.
Ce livre s'avère être une reprise de plusieurs publications de l'auteur, dont celle de "La Maquette du St Sépulcre" (2005). Prenons le même chapitre "Paternité" à la page 8 pour la revue (2005) et à la page165 pour le livre (2008).

Commençons par une phrase qui, elle, a bien été reprise à l'identique : "Au moment de l'achat de l'objet, nous prenions possessions de plusieurs documents tenus dans une enveloppe collée sous le socle". Celle-ci aurait dû être retirée.

Et de légères modifications apparaissent alors que le reste des textes demeure inchangé.

"D'abord les deux courriers de l'abbé..." est devenu "D'abord les courriers de l'abbé...".

"Il y avait trois courriers échangés... : deux lettres de Saunière... " est devenu "Il y a des courriers échangés... : des lettres de Saunière...".

"Le second courrier" est devenu "Un second courrier".

Et puis enfin: "Dans ces deux lettres Saunière donne des..." devient "Dans une des lettres Saunière donne, également, des ". Et voilà, nous avons donc naissance d'au moins une troisième lettre qui contiendrait le texte n'apparaissant pas sur les deux autres. Ce texte devenu dérangeant est enfin attribué à "une des" lettres grâce à ce également habilement glissé dans ce passage.

Nous noterons un dernier "détail" qui disparaît dans la reprise par deux fois.
Cette phrase déjà citée de la même publication, page 11, chapitre "Réalisation de la maquette" : "Saunière, à la commande de la maquette, en un modèle unique, en règle... " s'est raccourcie en page 170 du livre : "Saunière, à la commande de la maquette, en règle".
Et pour la phrase "Enfin, le coût assez élevé pour une pièce originale et unique" dont nous avons déjà parlé, si nous la retrouvons bien en page 172 du livre, inutile de dire que si la pièce a bien gardé son côté original, elle a perdu son coté unique.

DÉTAILS ANNEXES

L'auteur, et c'est tout à son honneur, a longtemps refusé de publier le contenu des lettres pour ne pas dévoiler des éléments que Saunière aurait confié au fondeur. Mais dans ce qui a finalement été publié nous ne retrouvons rien de tel.

L'histoire ne nous dit pas pourquoi le deuxième curé s'est désintéressé de la maquette en laissant perdre un si grand Secret ni pourquoi la fonderie ne semble pas s'être tourné vers lui alors qu'elle gardait religieusement le(s) courrier(s) dans une enveloppe sous la maquette.

CONCLUSIONS

Nous sommes passés fort discrètement au fil des ans et des livres et revues vendues, d'une lettre de Saunière lors de la présentation de la maquette aux environs de 1995, à deux en 2005, puis au moins trois en 2008 pour ajuster les variations apportées. A chaque fois en 2005 et 2008 il est clairement précisé qu'elles étaient avec la maquette dans une enveloppe collée dessous.

Nous sommes donc bel et bien devant un mythe librement inspiré de la vie de l'abbé Saunière. Tout le monde sait que dans la vie réelle, les courriers ne se reproduisent pas spontanément tous seuls dans une enveloppe, pas plus que les maquettes ne se dédoublent à partir d'un modèle unique.

Les postulats de départ ne pouvaient s'adapter aux funestes évolutions apportées en plusieurs temps. Voilà pourquoi et comment l'histoire a perdu toute cohérence, mais ainsi est né le mythe des tombeaux sacrés à Périllos validés par Bérenger Saunière, et pas n'importe lesquels... .

- Les carnets secrets, N° 1, Mars 2005, directeur de publication André Douzet, article "l'énigme de la maquette de Saunière" par André Douzet : Dans l'enveloppe collée sous la maquette à l'achat, il y avait DEUX lettres de Saunière (ne correspondant toujours pas). Il y est bien indiqué l'existence d'au moins une autre lettre manquante, mais elle n'était pas dans le paquet. Dommage car si la troisième lettre n'avait pas été déclarée "issue de l'enveloppe", celle-ci, au moins, n'aurait pu être mise en cause. Nous trouvons dans ce carnet une possibilité, "pourquoi pas" qu'il existe un autre exemplaire, avec aussi un clin d'oeil assorti d'un appui sur les registres du notaire Courtade : "toute une toponymie notariée" suggérée dans une des lettres de Saunière.

- Les carnets secrets, Numéro spécial Rennes-le-Château, 1er juin 2007, éditeur France secret association, article "l'énigme de la maquette de Saunière" par André Douzet : C'est deux ans plus tard le même article au mot près, photos du tombeau du Christ à Jérusalem comprises.

Pour nous tenir dans le cadre de la loi des exceptions des copyright, nous n'avons volontairement cité que le strict minimum, sans un mot de plus que nécessaire pour justifier la critique et analyser comparativement ces textes et les divers points abordés.

Pour la partie 1995 vendue en boutique et en ligne : 3 extraits de phrases

Pour la partie 2005 vendue en boutique et en ligne : 4 phrases et 7 extraits de phrases et 6 mots du "carnet secret N°1"

Pour le livre 2008 vendue en boutique et en ligne : 1 phrase et 4 extraits de phrases