le mecanisme de l'eglise

Dans la mythologie de Périllos nous trouvons, publié sur internet depuis des années, un conte qui nous fait retrouver une âme d'enfant. Tous les ingrédients, grands classiques du genre, sont réunis pour nous faire rêver :

   - Un mécanisme secret dissimulé dans l'église de Périllos. Il permet l'ouverture d'un passage vers des souterrains où se trouve aménagé le caveau de la famille de Pérellos, et qui accessoirement permettent d'aller (entre autres) au point zéro.
   - Un trésor. Il est fourni par Ramon de Perellos Y Roccaful enseveli "en habit d'apparat" et entouré "d'une véritable fortune".
Le tableau est complet.

Si, porté par l'imaginaire de ce conte, vous espérez, comme tout bon héros de nos contes d'enfants, dénicher le trésor de Ramon de Perellos y Roccaful après avoir réussi à ouvrir le mécanisme secret, dans notre triste monde réel n'imaginez même pas pouvoir le découvrir quand bien même vous démonteriez l'église de Périllos pierre par pierre. Nous l'avons déjà étudié dans l'article le concernant, Ramon de Perellos y Roccaful est enterré à La Valette dans la chapelle Aragonnaise de la co-cathédrale de St Jean. Il y a des dizaines d'années que le Roussillon est français quand survient l'heure de sa mort. Ces terres n'ont jamais été à lui.

Pour démontrer la réalité du caveau sous l'église, le récit nous fournit quelques preuves qui attestent... du contraire.

La première proposée consiste en cette affirmation de Ramon de Perellos y Roccaful qui aurait voulu s'y faire enterrer et de ses travaux de maçonnerie. Nous voyons au contraire par ce seul point que nous sommes en plein conte et dans l'irréel. Le choix du personnage et la narration de ses travaux impossibles sur l'église rendent caduque toute véracité. 

La deuxième est tout aussi surprenante que facétieuse. Pour devancer l'argument qui soutiendrait l'absence de preuve légitimant que les Pérellos aient bien été enterré à Périllos, le récit nous livre pour seul témoignage un Pérellos qui aurait justement été enterré... ailleurs. A Perpignan, à l'église Saint François d'Assise.
Donc, maintenant, si nous n'avons toujours pas la moindre preuve qu'un de Perellos soit enterré à Périllos nous voilà par contre assuré qu'un au moins n'y est pas.

 Puis vient la troisième preuve remplissant aussi mal sa fonction. La famille de Durban serait prise "d'une vraie frénésie" pour être ensevelie dans ce caveau. Ce point incroyable est appuyé d'une preuve massue : c'est écrit dans le manuscrit du docteur J. Paul Courrent. Nous avons déjà abordé ce manuscrit et le docteur Courrent dans ce blog. Il n'y a rien de caché dans le manuscrit. Curieusement, bien que le docteur Courrent ait publié son manuscrit, cela n'apparait nulle part et nous avons vu comme cet érudit n'était pas homme du mystère mais plutôt de la connaissance partagée pour tous. S'il l'avait su, peut-être aurait-il dégagé du temps pour s'intéresser aussi à Périllos et comprendre ce point étrange, au moins le signaler.
Si nous pouvons trouver sur internet une page de ce manuscrit (Ref, partie 2), nulle part n'est publiée celle qui parle de cette volonté et qui serait un scoop majeur. Une preuve discutable invisible n'est guère une preuve.

 Mais plus simplement, si nous sortons du conte, les Durban-Gléon sont chez eux, nulle frénésie à montrer. Ils s'enferment dans l'église, démontent le sol et nul besoin de mécanisme, ils trouvent forcément le caveau. A condition qu'il y en ait un bien sûr et à condition surtout qu'ils l'aient cherché.

S'ils avaient voulu être enterrés dans l'église de Périllos, ils seraient enterrés à Périllos dans ou sous l'église, caveau ou pas caveau. Voilà la réalité.

 Peut-être y a t-il des tombes sous l'église, ce ne serait que normal et sans mystère, mais alors, paix aux âmes de ceux qui y reposent. Le défaut des contes comme celui-ci c'est qu'il faut tenir fermé pour les protéger des lieux qui ne devraient pas l'être.

 Nous n'avons pas encore parlé du mécanisme secret d'ouverture.
Nous avons trouvé après 20 ans de recherche comment ouvrir ce mécanisme qui nous vous rassurons fonctionne toujours. Vous mettez d'abord la statue de ste Barbe dans le fond baptismal. Vous tournez trois fois le chandelier de gauche vers la gauche après avoir sauté trois fois sur le troisième carreau de la troisième rangée. Appuyer lentement sur la tour de ste Barbe en disant trois fois à voix haute "je rêve". C'est la nouvelle version de dalles à commande vocale, voilà pourquoi personne ne trouvait. Quand le mécanisme se refermera derrière vous la statue sera éjectée exactement à sa place normale d'origine. Vous n'avez plus qu'à passer la roue de feu. Attention à ce moment-là au rythme des herses verticales et horizontales que nous appelons hachoir à viande et surtout ne mettez pas le pied sur la troisième pierre après la roue de feu où vous basculeriez dans l'aven sans fond jusqu'au purgatoire. Ensuite c'est facile, vous n'avez plus qu'à suivre la flèche rose pour ne pas vous perdre dans la multitude de voies et vous arriverez au point zéro.

De retour dans la réalité, nous vous conseillons une valeur sûre et sans risques en ce qui concerne les caves du secteur. Allez plutôt voir celles d'Opoul, après avoir vagabondé sur les magnifiques terres d'Opoul-Périllos. Le mécanisme d'ouverture vers le trésor en est très simple et de plus des personnes initiées vous guideront. Il suffit de tourner le robinet du fût. Là, vous serez sûr de revenir avec résultat de votre chasse au trésor. Une bonne ballade à l'air pur dans un décor enchanteur, du très bon vin à ramener pour vous ou à partager entre amis.

Vous n'aurez pas l'hypothétique caveau mais vous aurez avec certitude d'excellentes caves. Vous n'aurez pas le mythique bouchon, mais vous aurez les bouchons avec les bouteilles qui vont avec et surtout leur contenu. 

 
Ref : http://www.societe-perillos.com/eglise_per1.html  en trois parties